Quand l’éjaculation prématurée n’est plus une fatalité !

Beaucoup d’encre a déjà été versée autour du sujet de l’éjaculation prématurée. Elle affecte la vie de beaucoup d’hommes qui, soit s’en sont accommodés avec une partenaire compréhensive, soit limitent les mises à l’épreuve par l’abstinence ou la multiplicité de rencontres éphémères. Quoi qu’il en soit, de manière parfois très anecdotique, tous les hommes ont connu l’éjaculation prématurée ou orgasme anticipé, au moins une fois dans leur vie.
L’aspect douloureux apparaît quand le trouble vient à s’installer durablement dans l’histoire de l’homme ou du couple.
Au fil du temps et des années l’éjaculation prématurée peut prendre d’autres formes comme la dépression, l’impuissance, l’anorgasmie, la mésestime de son identité sexuelle, le choix de la solitude et de la pornographie.
L’approche médicale du problème est essentiellement médicamenteuse, la pharmacopée à cet usage est celle de la famille des antidépresseurs – peu efficace et contraignante. Certains ont compris qu’avec un peu d’alcool, la durée du rapport augmente, et ils s’enferment dans une sexualité éthylisée ; d’autres utilisent des crèmes anesthésiantes en application locale dans le but de désensibiliser leur pénis (attention aux risques allergiques pour les partenaires). Nous le comprenons bien, ces solutions ne traitent en aucun cas le problème de manière durable et efficace, elles sont une perte de temps et peuvent avoir des effets collatéraux délétères.
Que reste-t-il alors comme approches valables ? Cela dépend du type d’éjaculation prématurée dont l’homme souffre !
En effet, nous pouvons diviser l’éjacultion prématurée en 2 groupes : le premier, le plus général, 9 hommes sur 10 environ, qui souffrent non pas d’éjaculation prématurée mais de jouissance anticipée, ce n’est pas la même chose que la véritable éjaculation prématurée qui est plus rare – 1 homme sur 10.
Dans le premier cas, c’est l’excitation qui l’emporte sur le temps, le désir est là, bien là. Mais le désir de durer est mis à défaut par décentrage : il est trop centré sur sa partenaire et pas assez sur ses propres perceptions. Il s’oublie trop vite ! Une thérapie d’approche cognitive et comportementale porte ses fruits en 4 séances sur un mois. Elle consiste à élaborer vos représentations sur la relation, la femme, l’homme, le coît…et elle sera balisée par des exercices de perception et de contrôle conscient.
Dans le second cas, il s’agit d’une peur profonde datant de l’enfance qui reste ancrée et active dans le psychisme de l’homme. Des traumatismes sexuelles ou identitaires sont fréquents, ils ont entravé le bon développement vers la maturité sexuelle psychique. Un investissement en sexo-analyse est la seule issue, il sera plus ou moins long. Cette approche est de nature analytique axée sur le symptôme.
En bref, la jouissance anticipée et la véritable éjaculation prématurée ne sont plus des fatalités. Elles peuvent devenir la porte d’entrée vers une meilleure connaissance de soi et un épanouissement érotique conscient. Encore faut-il pousser la porte !
Nadia Marriott
Sexologue
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